AOUATEFE LAHMANI « JE SUIS UN ÉLECTRON LIBRE, JE SUIS LÀ OÙ IL Y A DU CINÉMA »

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AOUATEFE LAHMANI « JE SUIS UN ÉLECTRON LIBRE, JE SUIS LÀ OÙ IL Y A DU CINÉMA »

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Salam, voilà comment Aouatefe Lahmani nous salue pour notre petite rencontre au coeur des Studios Tartar Colors. Tout est pointu sur toute la ligne, tout est fidèle à la personnalité de cette jeune marocaine de France qui cache bien son jeu de comédienne née. Oui. Car la jolie brune se dit petite, inexpérimentée, l’humour pour elle « est une forme d’intelligence qu’elle n’a pas »! Martèle-t-elle durant tout notre entretien, « Cela demande un grand sens de la répartie, une très grande culture et une faculté certaine pour l’improvisation », renchérit-elle au moindre compliment. Et pourtant ce petit bout de femme qui a ouvert les yeux à Besançon dans une famille ordinaire de trois enfants, sera visiblement la star du petit écran marocain lors de ce Ramadan. « Ah ça je ne sais pas! En tous les cas je serais sur le petit écran des marocains et cela me réjouit! » nous répond elle pour détourner notre compliment.

@tartarcolors

L’actrice française joue le rôle de Hind, une fille espiègle, légère, un peu superficielle, une petite bourgeoise de la bonne société casablancaise, mariée à Ahmed qui dirige l’entreprise familiale de son beau-père. Hind passe son temps dans les futilités de la consommation du luxe, n’ayant pas d’enfant d’un mari déjà père de deux petits garçons d’une autre femme, « Ce qui est excitant c’est de rencontrer enfin le public marocain car la télé ce n’est pas le cinéma. La télévision nous rapproche des gens nous plonge dans leur quotidien, dans leur intimité. Pour le cinéma c‘est les gens qui viennent nous voir sur grand écran. Et ce qui fait peur? ce sont les mêmes choses! (Éclats de rires). Tout un tas de questions que l’on se pose sur nous, notre personnage, notre travail… Pour ce dernier tournage, mon stress est plus grand. La série est prévue sur 2M avec comme téléspectateurs tous les marocains du monde et puis l’autre appréhension c’est la Darija! Et dans ce registre toutes mes lacunes sont mises à nu ».

La séance photo opère dans une folle effervescence mesurée. L’actrice joue le jeu du top model avec brio et arbore son propre vestiaire, des silhouettes monochromes, des lignes masculines avec cette féminité discrètement sexy qui caractérise sa personnalité « ma marque fétiche est Yves Saint Laurent et j’adore les épaulettes oversize de Balmain ». Une boule d’énergie et un souffle de joie se dégage de cette femme-enfant qui ne supporte pas l’acidité du citron et sourit aux bonbons, « Dire les choses qu’on pense, donner de l’amour, faire des compliments, ça fait du bien surtout en ces temps durs ».

DU CINÉMA AU CINÉMA EN PASSANT PAR L’HUMOUR

Voilà le parcours atypique de notre « Gaourya » comme aime à l’appeler les marocains d’ici, depuis qu’elle fait des allers-retours entre la France et le Maroc. « La France c’est ma mère dans le sens où elle m’a mise au monde, j’y suis née et j’y ai grandit et le Maroc c’est mon père, je me suis aussi forgée dans la culture marocaine, j’ai commencé le cinéma au Maroc, je travaille au Maroc ».  

Tout a commencé pour Aouatefe sur des plateaux de cinéma en tant que chargée de production et de casting. Six années suffisent pour réunir son courage et sa passion pour le 7ème art et oser taper aux portes des cours Florent. Le pari est gagné, Aouatefe réussit et les productions s’enchainent à l’Étranger comme au Maroc, « La Moitié du Ciel » de Abdelkader Lagtaa, l’excellent « Amal » de Aida Senna, « Hayat » de Raouf Sebbahi, l’étonnant « Sound of Berberia » de Tariq El Idrissi, ainsi que des productions étrangères tournées entre autre à Ouarzazate. La talentueuse brune vient d’achever pendant cette année écoulée très spéciale, le tournage de la série « Bab Al Bahar » de Chaouki Elofir et « Atoman » de Anouar Moatassim où elle joue une spéologue. « Le tournage fut sensationnel avec tous les paysages et les aventures programmés, à Erfoud, Taza, Al Houceima entre autre » se réjouit Aouatefe.

« JE N’AI PAS LÂCHÉ L’HUMOUR, CELA FAIT TOUJOURS PARTIE DE MOI »

« L’humour est venu à moi par pur hasard ». L’alsacienne a toujours été entourée d’humoristes à Paris, au coeur de la célèbre scène ouverte du Paname. « Il m’est arrivé être appelée pour des vidéos, comme ce fut le cas avec Mohamed Nouar et la vidéo a cartonné. Et depuis il a suffit d’une rencontre au Maroc avec mon amie l’humoriste marocaine Hamaka, pour que mon histoire avec l’humour commence. Ce fut au Studio 2M pour le Jamel Comedy Club. Une première expérience inattendue où je devais écrire un sketch et l’interpréter. Et dire que le propriétaire du Paname me demandait toujours de me lancer. Le lendemain, mon sketch était prêt ». En éclatant de rire, l’humoriste se remémore son grand défi de le présenter en Darija face à Debbouze pour Jamel Comedy Club dans les studios de 2M, « J’y ai cru quand je me suis vue à la télé, ce fut ma plus belle expérience ». Une victoire pour elle d’autant que Jamal l’a félicitée, « Il parait que c’était ta première fois et qu’en plus tu ne maitrises pas la Darija, bravo! Continue ». Si l’humoriste a lâché le Stand up pour se libérer pour ses longs-métrages, Aouatefe a poursuivi la scène, le théâtre, la comédie, l’écriture, avec notamment deux cent représentations en deux ans pour la pièce « Mariage à Ranger », « je n’ai pas lâché l’humour! Cela fera toujours partie de moi, dans mes web-séries ». « Je reprendrai certainement un jour ou l’autre ».

@tartarcolors

« MA FAMILLE ME SOUTIENT DANS TOUT CE JE FAIS, TOUTES MES CONNERIES »

Aouatefe parle en douceur de sa famille originaire de Meknès. Fière de sa grande soeur, maman de quatre enfants « elle est mon héroïne », confie la comédienne qui se dit prête à tous les rôles qui vont titiller sa passion, stimuler son talent, sans tabous ni limites artistiques « Raconter des histoires et passer des émotions c’est notre métier, si un rôle me touche je fonce mais je garde en tête mes neveux ; pour ma nièce, je suis son modèle littéralement! Et je n’ai pas envie de la décevoir », s’émeut la réalisatrice de web-séries. « La première fois que ma grand-mère m’a vue à l’écran dans un rôle de servante, elle n’a pas regardé le film car elle n’a pas compris pourquoi  je ne joue pas une avocate aisée par exemple! Avec cette série de Ramadan, elle sera servie! ». Ma famille pense comme la majorité des gens, pour eux « quand on fait du cinéma on devient une star forcément alors que non, c’est un métier comme tous les métiers », explique l’actrice fan de « David Fincher », folle de « Ryan Gosling », ne jure que par « Fight Club », plongerai sans fin dans le Prophète de Khalil Gibran, tout en supportant qu’on lui dise « Zmagrya » et qui rêve d’incarner Wonder Woman, sans en avoir « les aptitudes physiques » pense-t-elle, « mais je travaillerai pour le rôle ».

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Dans un mois, nous retrouverons la jeune actrice sur le petit écran pour ce qui sera une grande série de Ramadan « Le Ramadan pour moi est un moment de partage en famille, on se retrouvait pour préparer la table du ftour, c’est aussi un mois de remise en question de soi-même, de sa vie, de ses convictions… ».

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