MON PÈRE N’EST PAS MORT : LA MAGIE DE L’ORDINAIRE SELON ADIL EL FADILI

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MON PÈRE N’EST PAS MORT : LA MAGIE DE L’ORDINAIRE SELON ADIL EL FADILI

           
     

Présenté au Panorama Marocain, le premier long métrage « Mon père n’est pas mort » de Adil El Fadili a ému. Fable poétique qui raconte la détresse d’un enfant à la recherche de son père, sur fond de passé du Maroc, à hauteur d’un enfant, le réalisateur marocain démontre une fois de plus l’étendu de son talent avec un conte moderne qui questionne sur l’humanité. 

Dans l’univers du récit visuel, Adil El Fadili démontre une nouvelle fois sa maîtrise de la mise en scène avec son dernier film, « Mon père n’est pas mort ». En raflant six prix prestigieux lors du Festival National de Tanger et présenté dans le Panorama du Film Marocain au récent Festival International du Film de Marrakech, ce film témoigne du style cinématographique visuellement captivant et riche en imagination du réalisateur fantasque. Entre fable poético- politique et hommage au monde du cirque et aux marionnettes, le réalisateur signe une œuvre émouvante au supplément d’être. « Mon père n’est pas mort » raconte l’histoire de Malik et de son père Mehdi, vivant au sein du chaos envoûtant d’une fête foraine, où ils travaillent comme artisans. Mehdi offre à son fils cinq toiles particulières, captivant Malik par leur beauté. Cependant, une rencontre fortuite lors d’un rassemblement politique entraîne le traitement injuste de Mehdi par les forces de l’ordre, laissant Malik dévasté lorsque son père est arrêté. Animé par le désir de retrouver son père disparu, Malik se lance dans une quête, cherchant des réponses dissimulées dans les peintures laissées par son père. Malik brillamment campé par le jeune Adam Raghal, talent inné à l’écran.

Reconnu pour son esthétique visuelle distinctive, presque surréaliste, le réalisateur marocain élève la photographie au rang d’œuvres d’art à travers des tableaux qui nous révèle le subconscient d’un enfant blessé et fermé. Un mélange envoûtant de fantaisie et de poésie, où couleurs, détails visuels et récits s’entremêlent harmonieusement, invitent les spectateurs dans un monde à la fois enchanteur et émotionnellement profond. La réalisation d’Adil El Fadili, associée à la lumière charismatique de Mathieu de Montgrand et au montage fluide de Julien Fouré, crée une symphonie visuelle qui accentue la profondeur émotionnelle du film. La photographie artistiquement soignée a su créer des images visuellement impactantes qui servent l’esthétique du film, à manipuler la lumière, les couleurs et les compositions pour renforcer l’ambiance . Un montage immersif et efficace qui a su capturer l’essence des séquences, équilibrer le rythme du film, et exploiter habilement les différentes techniques de coupe, de juxtaposition et de temporalité pour servir l’histoire de manière harmonieuse.L’utilisation d’effets spéciaux témoigne de la capacité d’El Fadili à insuffler aux rêves d’enfance des images poétiques, transportant le public dans un univers où réalité et magie s’entremêlent.

Dans « Mon père n’est pas mort », le langage visuel s’anime à travers une utilisation habile de la caméra et une mise en scène captivante, offrant une expérience sensorielle fascinante.La caméra, telle une danse fluide, s’entremêle aux mouvements des personnages, capturant la fête foraine avec une grâce poétique. Les séquences en mouvement dynamisent chaque scène, créant une immersion totale dans l’univers émotionnel des protagonistes. Le plan séquence, orchestré avec précision, transporte le spectateur au cœur de l’action, saisissant chaque détail visuel avec une précision artistique et nous présente les personnages un par un, histoire de faire connaissance avec ces âmes en peine. Le tout sublimé par des contre-plongées audacieuses pour donner une dimension symbolique à ses personnages. Ces prises de vue, parfois déroutantes mais toujours saisissantes, offrent une perspective unique sur les émotions et les intentions des protagonistes. Des protagonistes écrits avec grâce et porté par un casting de renom à l’image de Fatima Atif, Abdelnbi Benioui, Nadia Kounda, Aziz El Fadili, Faouzi Bensaidi, Didier Benureau, Omar Lotfi, Mohamed Khouyi, Adelhak Sennak, Chafik Bisbis et Toufik Hazeb. Chaque visage est important, chaque expression est essentielle, chaque histoire nous embarque.`

Les mouvements de caméra innovants et la mise en scène immersive, enrichissent la narration de « Mon père n’est pas mort », offrant une expérience visuelle dynamique , sensorielle et musicale proposée par le talentueux Fettah Ngadi. Un choix qui donne de la dimension à l’émotion, qui pourrait être un des personnages principaux du film, balayant ainsi les quelques maladresse de l’arc narratif et les problèmes liés à la progression, à la cohérence de l’intrigue. Dans cette fresque poétique, AdiL El Fadili, confirme un talent sur pour un certain type de cinéma dévoilé déjà dans son court métrage « Courte Vie ». Un cinéma mélancolique et nostalgique, romantique et décalé avec des personnages aussi atypiques que charismatiques. Une identité artistique bien marquée et une approche singulière de la mise en scène où « le rétro n’est pas mort » …

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